Psychotage

A trop jouer à la roulette russe, le Crapaud peut perdre (ou gagner, je ne sais pas vraiment ce qu’il veut). Me voici rendue à mon 4ème cycle après retrait du DIU, soit ce que je considère comme mon troisième cycle d’attente, le cycle de retrait ne comptant pas vraiment (et ayant été intégralement protégé, lui). Cycle d’attente car je n’ai pas l’impression d’être en essais vu que le Crapaud n’a pas officiellement donné son feu vert. Je n’ai d’ailleurs pas commencé à prendre l’acide folique, la plaquette restant désespérément pleine.

Je comptais attendre la fin de ce cycle pour poser les cartes sur la table et demander clairement au Crapaud ce qu’il comptait faire. Continuer à faire l’autruche, on n’essaye pas mais je ne gère pas la contraception pour autant, ou assumer et se dire que cette fois-ci c’est bon, on lance les essais officiels (et je commence l’acide folique, ça me stress de ne pas le prendre alors qu’une grossesse est possible).

Mais ce cycle ne se termine pas. Bon, on ne s’emballe pas (si si, je m’emballe à fond, je suis à deux doigts de télécharger l’appli « grossesse » de Doctissitruc), je n’en suis qu’à DPO 19, 37ème jour du cycle sachant que ceux-ci peuvent durer jusqu’à 40 jours tranquille, 96 quand mes ovaires sont très en forme.

J’essaye donc de ne pas me projeter, sinon la chute risque d’être très difficile. Oui mais voilà….

Je suis un tantinet barbouillée, par moments. Pas énormément non plus, juste assez pour que j’y pense et que le doute s’installe, mais pas suffisamment pour vomir partout. MAIS, le Crapaud était malade hier, il m’a sans doute refilé un truc dont je me serais passé et qui m’aurait évité de psychoter débilement.

Je n’ai aucun signe annonciateur de l’arrivée des écarlates, même pas quelques pertes douteuses (oui, je sais, c’est très ragoutant) alors qu’elles devraient arriver plus ou moins aujourd’hui, ou demain, ou après-demain. Cette semaine, quoi. De vagues crampes très brèves mais rien de comparable à celles qui m’annoncent d’habitude ma mauvaise nouvelle du mois, ou plutôt du mois et demi… MAIS j’ai déjà eu des cycles de foufou bien plus long que ça sans qu’il n’y ait rien à la clé. Je me souviens avec amertume émotion du MAGNIFIQUE cycle de 96 jours qui m’avait tant fait tourné la tête (et avait aboutit au diagnostique de l’OMPK) qui avait eu lieu, tiens-toi bien, il y a un an exactement. Mon corps doit donc aimer le comique de répétition et être sensible à la théorie des dates.

Je me trouve tous les symptômes du monde (en même temps je les cherche) et même ceux qui n’existent pas (il parait que les déchirures musculaires non rien à voir mais j’y vois un lien) et je fais des plans sur la comète digne d’une petite fille qui croit aux contes de fée. J’en viens à calculer une hypothétique date d’accouchement, à lorgner sur G**gle image des photos de test de grossesse à 14, 16 et 18 DPO (oui, oui, je regarde des photos de test-pipi, tu as bien lu), je parcours les pharmacies en ligne à la recherche d’un bon plan « test de grossesse pas cher par boite de 1000 » et je cherche une pharmacie près du boulot où je ne risque pas de croiser ma voisine avec un joli test rose à la main.

C’est simple, je psychote. On ne peut pourtant pas dire que j’ai du « retard », les deux derniers cycles ayant fait 35 et 38 jours (mais l’avant-avant-dernier 34 jours, héhé !). Mais l’espoir fou est quand même là, surtout avec l’absence de protection du Crapaud et le ciblage de la « fenêtre de fertilité » ce mois-ci.

J’envisage de faire un test à J45 (soit mon max « normal » en dehors du cycle de 98 jours, ce qui nous amène au samedi 29/08, jour de début de nos vacances – on part le mardi, si doute il y a vraiment il serait sage de tester plus tôt…) en sachant très bien que mes symptômes imaginaires auront sans doute disparu d’ici là et que les écarlates se seront manifestées. Mais c’est plus fort que moi, une partie veux y croire, l’autre tente de rationaliser, c’est toujours la lutte en ange et démon comme il y a un an. Sauf que cette fois le DIU n’est pas là pour faire encore pencher la balance dans le mauvais sens, alors j’ai bien le droit d’espérer ?

Le plus dur, si ça ne fonctionne pas cette fois, c’est que je sais que je suis condamnée à espérer tout les mois et à reprendre ce petit manège à chaque fin de cycle.