Psychotage bis

J’avais craqué il y a quelques mois. Après une énième crise, à un moment où j’avais eu besoin de me sentir un peu moins seule dans cette attente, où j’avais besoin de lire le refus d’un homme et finalement comment il avait cédé. J’ai commandé les deux tomes de « Je veux un bébé tout de suite ». Je suis déjà le blog assidûment, je m’y retrouve toujours beaucoup et pas uniquement dans les sujets concernant l’attente. J’ai reçu ces deux volumes, je les ai dévorés, puis rangés, cachés.

Je m’étais dit qu’ils pourraient éventuellement me servir à ouvrir la discussion avec le Crapaud. Qu’il pourrait lire l’attente d’une autre que moi et constater que je n’étais pas là seule à avoir cette idée fixe. Qu’il pourrait voir que d’autres hommes ont les mêmes réticences que lui, qu’il n’était pas seul lui non plus. La BD est sans langue de bois, elle n’idéalise pas, tout en tournant en dérision, les sensibilités des deux membres du couples sont présentées. Mais je n’ai pas osé lui faire lire… ça me paraissait un peu « rentre dedans » comme méthode, et j’ai pensé qu’il s’offusquerait dès la lecture du titre. Je les ai gardées pour moi.

Je-veux-un-bébé

Pour une raison sans doute intimement liée au psychotage actuel, j’ai eu envie de relire le premier tome ce matin. Il ne m’avait pas tant émue à la première lecture, mais là, j’ai versé quelques larmes sur plusieurs planches. Et après avoir terminé la dernière page. J’ai aussi été fourrer mon nez dans la douce fourrure des seuls bébés que compte actuellement ma vie, et y ai verser quelques larmes supplémentaires.

Ce qui me conforte encore dans mon psychotage intensif. Cet excès de sensiblerie ne serait pas un nouveau symptôme? Au même titre que cette poitrine qui tiraille, ce que, pour le coup, je suis quasi sure de ne pas inventer. Les nausées elles, j’ai du me résoudre à croire qu’elles n’avaient jamais existé ailleurs que dans ma tête.

Evidemment, si je psychote encore c’est parce que les Écarlates ne sont toujours pas arrivées. Et aucun signe n’annonce leur venue imminente. Tout ces petits, signes, cet espoir toujours plus fort… j’ai tellement envie d’y croire.

Pour mettre fin à cette folie (et à mon auto-palpage 20 fois par jour), le Crapaud a proposé d’aller acheter un test de grossesse. Il est plus probable que je l’achète moi-même mais nous arrivons tous les deux à la même conclusion : il faut une issue à ce cycle, quel qu’elle soit, il faut tester.

Pour continuer à vivre sans cet énorme doute, pour reprendre le cours de la vie là où il s’est un peu mis sur « pause ». Pour se décider à s’inscrire au centre équestre pour la rentrée, se projeter à fond dans les vacances à venir et éventuellement envisager des examens si cette absence de règles s’éternise sans raison.

Ou pour commencer une nouvelle vie, faite de bonheur tant désiré, mais aussi de doutes et d’angoisses à venir. Il va falloir tester.