J’ai refusé le test HGPO

Oui, parce que je ne suis rien qu’une dinde anti-conformiste qui ne veut rien faire comme tout le monde. Non, en fait, j’ai de vraies bonnes raisons, je t’explique.

Le diabète gestationnel, qu’est-ce que c’est ?

Le diabète gestationnel, comme le diabète « classique », est un trouble de la régulation du glucose entraînant un excès de sucre dans le sang. En temps normal le pancréas sécrète une hormone, l’insuline, qui permet de stocker le glucose et l’utiliser comme un carburant (énergie nécessaire au métabolisme) au lieu de le laisser se balader dans le sang. En cas de diabète, soit le corps ne produit pas assez d’insuline par rapport à la quantité de glucose ingéré, soit il en produit mais son action n’a pas assez d’effet (insulino-resistance). Dans le cas du diabète gestationnel, c’est une hormone sécrétée par le placenta (l’hormone lactogène placentaire, ou HPL, si tu veux tout savoir) qui est responsable de cette insulino-résistance. Le diabète gestationnel disparait donc après la grossesse.

Le dépistage, en quoi ça consiste ?

Le dépistage du diabète gestationnel se fait par un test appelé Hyperglycémie Provoqué par voie Orale (HGPO de son petit nom). On le fait généralement durant le 6ème mois de grossesse, le diabète gestationnel apparaissant généralement à partir de 24 SA. Il consiste à faire une 1ère prise de sang pour mesurer la glycémie à jeun, puis à ingurgiter 75 grammes de glucose pur sous forme liquide (une solution ultra-sucrée donc, parfois généreusement aromatisé à l’agrume de synthèse), faire une 2ème PDS une heure après, puis une dernière deux heures après. Il s’agit donc d’induire une hyperglycémie artificiellement pour voir comment le corps réagit, s’il sait traiter ce surplus de glucose.

Les trois glycémies donnent une idée de comment le corps gère cet excès de sucre (en sécrétant de l’insuline) et si un seul des taux est mauvais vous êtes cataloguée dans la catégorie « diabète gestationnel ».

Alors, je ne sais pas vous, mais personnellement je n’avale jamais 75 grammes de glucose pur à jeun, sans aucun autre macro-nutriment pour « réguler » cet apport. Vous manger 15 morceaux de sucre au petit déjeuner vous ? Généralement au petit déjeuner, à jeun donc, je consomme en moyenne 13 gramme de glucide trouvé dans le miel (3/4 de fructose donc, qui n’a pas le même indice glycémique que le glucose) et 31 grammes trouvé dans 2 tranches de brioche, j’atteins donc 41 grammes de glucide. Soit 44 grammes, on est loin des 75, même en rajoutant un verre de jus d’orange (21 grammes pour 200ml) ! Je ne vois donc pas pourquoi j’irais avaler l’équivalent, qui plus est dégeu (aux dires de la plupart des personnes qui se soumettent au test), d’un truc que je ne mange jamais d’habitude.

De plus les 75 grammes c’est pour tout le monde, que vous fassiez 50 kg, 90 ou 140. Que vous soyez fatiguée ou non, stressée ou non, que vous ayez mangé 3 Mc Flury et 2 œufs Kinder la veille ou simplement une soupe. Et ça peut jouer sur les résultats évidemment.

Bref, mesurer une glycémie à jeun oui (depuis au moins 12h, hein !), mesurer une glycémie après un repas normal pourquoi pas, mais certainement pas se soumettre à des conditions que je ne rencontre jamais habituellement.

Le dépistage, pourquoi c’est systématique ?

Au nom du sacro-saint principe de précaution certainement. Selon l’Association Française des Diabétiques « Il n’y a pas de bénéfice médical à dépister toutes les femmes, mieux vaut se concentrer sur le dépistage des femmes à risque. » Or ce test est prescrit à tord et à travers, même si vous ne rentrez dans aucune des catégories dites « à risques », qui pour information sont :

  • surpoids, obésité (IMC ≥ 25kg/m²)
  • femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux (apparentées au 1er degré) de diabète de type 2
  • âge supérieur à 35 ans
  • macrosomie à la naissance d’un enfant précédent
  • quantité trop importante de liquide amniotique
  • estimation du poids fœtal (EPF) supérieure ou égale au 97ème percentile

En dehors de ces cas, où il peut être bénéfique de réaliser un dépistage (et encore, on verra ça après…), le test n’est pas utile et même le CNGOF (Collège National des Gynécologue et Obstétriciens Français) le dit : « En l’absence de ces facteurs de risque, le bénéfice et le rapport coût-efficacité du dépistage restent à évaluer. Il n’y a donc pas d’arguments suffisants pour recommander un dépistage systématique »  (même si ce collège dit aussi des bêtises, hein).

La controverse sur le test

En matière de dépistage du diabète gestationnel, il y a plusieurs tests qui existent, et plusieurs lectures et diagnostiques possibles pour un même test, selon le pays, l’organisme de contrôle en matière de santé (par exemple la HAS en France) et même parfois selon le praticien qui analyse les résultats. Sur 11 recommandations internationales recensées, on ne dénombre pas moins de 7 seuils différents. Donc si vous êtes diabétique en France, vous ne l’êtes peut-être pas en Belgique (déménagez, on vous fichera la paix !)…

J’ai pu lire aussi dans des retours d’expérience sur le test que certains labos ne font pas les prises de sang aux bonnes heures ou qu’ils permettent de boire de l’eau, ce qui peut considérablement changer les résultats !

De plus, il est établi que le diabète gesta touche 2 à 6% de femmes (selon l’origine ethnique). Or on détecte 12 à 13% de cas sur le nombre de dépistages réalisés ce qui laisse penser que le test provoque un diabète alors que celui-ci ne serait pas présent dans des conditions normales.

Autre point de doute sur l’utilité du dépistage, c’est qu’il y aurait un conflit d’intérêt entre les études qui démontrent que le test sert bien à quelque chose, et les laboratoires qui commercialisent des dextro (boitiers auto-test pour la glycémie) qui financeraient ces mêmes études…

La controverse sur l’utilité du dépistage et le traitement du diabète gestationnel

Si on dépiste le diabète gestationnel, ce n’est pas juste pour évaluer votre glycémie (sauf si c’est un sujet qui vous passionne de savoir combien de grammes de sucre se baladent dans votre sang)  et faire un peu raquer la Sécu, c’est a priori pour prévenir un certain nombre de risques qui seraient induits par ce diabète. Le problème, c’est qu’aujourd’hui aucune étude ne prouve que le diabète soit associé à ces risques qu’on agite comme un étendard pour faire peur aux futures mères.

Ces risques (listés ci-dessous) sont répertorié par le CNGOF. Là, vous vous dites que ça a quand même l’air sérieux. Sauf que le CNGOF ne donne pas une seule fois les références des études qui démontrent que ces conséquences sont liées au diabète gestationnel, et ne donne d’ailleurs même pas quelques chiffre sur l’augmentation de ces risques en cas de diabète (un petit comparatif nombre de cas sans et avec diabète gestationnel n’est présenté pour aucun des problèmes potentiels listés). Et pour cause…

Mort fœtale in-utero

Selon le CNGOF, c’est un des principaux problèmes engendré par le diabète. Mais aucune étude ne le prouve…

« L’histoire naturelle du diabète gestationnel est mal connue. Les données de la littérature ne permettent pas d’estimer, dans les conditions actuelles de prise en charge obstétricale des femmes enceintes, le risque de décès périnatal associé au diabète gestationnel non traité. » HAS (Haute Autorité de Santé).

Hypertension gravidique et pré-éclampsie

Toujours selon le CNGOF, l’hypertension pendant la grossesse et la pré-éclampsie sont plus fréquents en cas de diabète gestationnel, la prise en charge et le contrôle de la glycémie permettraient donc de réduire ces risques. Mais pas selon la HAS : « Aucune étude n’a permis d’évaluer l’efficacité de la prise en charge du diabète gestationnel pour réduire l’hypertension gravidique et ses complications, et inversement. »

Obésité de l’enfant

Selon le CNGOF, le diabète gestationnel serait aussi responsable de l’augmentation du risque pour l’enfant de devenir obèse. Mais la HAS n’est toujours pas d’accord : « Le risque d’obésité et de surcharge pondérale chez l’enfant n’est pas prouvé. Aucune étude correctement menée* ne permet d’étayer cette hypothèse. »

*J’aime le « correctement menée » ici car ça signifie que les études qui démontrent que l’obésité de l’enfant est due à un diabète durant la grossesse ont été faites avec un biais de sélection (par exemple uniquement sur des mères elles-mêmes en surpoids, ou sur une population plus sujette au diabète gestationnel que la moyenne) ou présentent un conflit d’intérêt. Le CNGOF doit donc croire ce genre d’étude…

En fait, sur les trois conséquences possibles listés ci-dessus, dans aucun cas on peut affirmer que le problème, quand il survient, est du au diabète et pas à un autre risque. L’obésité maternelle est fortement liée au diabète gestationnel (ce pourquoi le dépistage ciblé est conseillé dans ce cas), mais on ne peut pas dire si ces problèmes sont dus à ce surpoids ou au diabète. Ces risques ne sont donc peut-être pas valables pour les femmes dont l’IMC est normal.

Diabète persistant après la grossesse chez la femme

C’est toujours le CNGOF qui le dit (décidément), et la HAS qui dit le contraire : « L’intérêt du dépistage et du diagnostic du diabète gestationnel par des tests de charge en glucose pour la prévention du diabète de type 2 à distance de la grossesse n’est pas démontré. »

Macrosomie (poids de naissance supérieur à 4kg)

Le lien entre macrosomie et diabète gestationnel est plus clairement démontré. Mais la macrosomie n’est pas due qu’au diabète : « La plupart des macrosomies surviennent chez des femmes indemnes de diabète gestationnel : moins de 10 % des macrosomies seraient attribuables à un diabète gestationnel. » HAS

Et quand bien même vous feriez du diabète gestationnel (pouvant donc entraîner une macrosomie) : « L’efficacité du traitement par insuline sur la réduction des taux de macrosomie et de ses complications n’est pas clairement démontrée et dépendrait de la sévérité de l’hyperglycémie maternelle. »HAS

C’est bien, vous savez donc que vous faite du diabète et que vous risquez d’avoir un gros bébé, on vous prescrit de l’insuline mais ça sert à rien ! Et le régime sans sucre alors ? « La prise en charge diététique n’a pas fait individuellement la preuve de son efficacité » HAS

En gros, je la fais courte, mais même si on vous diagnostique un diabète gestationnel, les conséquences de ce diabète ne sont pas démontrées. On vous a donc listé tous les risques potentiels pour vous faire peur mais rien ne prouve qu’ils soient favorisés par le diabète. Et en plus, même si on traite ce diabète, il n’est pas prouvé que la prise en charge réduise la survenue de problèmes.

Donc, faite vous dépister, mais quand même on n’est pas très très sur que ça serve à quelque chose, c’est juste « au cas où ». Et on vous traitera, même si ça sert à rien, on ne sait jamais. C’est à peu près ce que dit la HAS…

Ma décision

Je ne rentre dans aucun de ces cas de facteur de risque et mes analyses (glycosurie mensuelle à jeun, soit sucre dans les urines et glycémie à jeun pendant le 7ème mois) sont normales. L’héritier est annoncé grand à la 2ème échographie (plus haute mesure dans le 86ème percentile) mais pas hors norme et la quantité de liquide amniotique est normale. Et quand je lis à quel point c’est utile de savoir qu’on fait un diabète gestationnel (dont on n’est sur ni des conséquences, ni de l’efficacité du traitement) ça ne me donne certainement pas envie d’aller faire ce maudit test. Qu’en m’en détecte un ou pas le résultat sera de toute façon le même (on traite mais on ne sait pas si ça sert à quelque chose), le stress en plus.

Je n’ai donc pas fait le test HGPO.

Parce que vous avez le droit de refuser, il faut le savoir

Parce que vous avez le droit de refuser, il faut le savoir

Qu’on soit bien d’accord, je ne déconseille à personne de faire ce test, j’explique juste pourquoi moi, j’ai choisis de ne pas le faire. On va surement me dire « c’est pas si terrible, c’est vrai que c’est pas bon mais y a pire ! lolilol». C’est sans doute vrai, y a surement pire comme goût, j’ai déjà mangé et bu des trucs vraiment dégeulasse (souvenir de la soirée d’intégration à l’école d’ingénieur…) et c’est pas du tout ça qui me fait peur. Mes prises de sang mensuelles se passent mieux, peut-être grâce à l’hypnose ou bien parce que je m’habitue petit à petit, mais ça reste des moments difficiles. C’est une phobie, c’est comme ça, j’angoisse trois jours à l’avance, je repousse, j’hésite et je fini par y aller mais c’est vraiment ce que je redoute le plus chaque mois. Alors faire 3 prises de sang en 2 heures de temps, je n’ose même pas y penser.

Je peux éviter, mieux : j’ai le droit d’éviter, alors je le fais. Ce test n’a rien d‘obligatoire je le rappelle. Seule les 7 consultations prénatales du 4ème au 9ème mois sont obligatoires et encore, si vous décidez de ne pas les faire vous risquez juste de ne pas être prise en charge à 100% par la Sécu pour les frais liés à la maternité. On ne vous mettra pas en prison parce que vous avez refusé un examen, c’est votre corps, vous en faites ce que vous voulez. Vous risquez juste un sermon par le praticien qui vous suit… mais pour ma part il y a longtemps que je n’ai plus peur de me faire taper sur les doigts par qui que se soit.

Evidemment si j’avais présenté ne serait-ce qu’un seul des facteurs de risque, je me serais peut-être prise par la main pour faire ce test (et j’aurais surement dû débourser 60€ pour refaire une petite séance d’hypnose…). Et peut-être que dans quelques semaines je me maudirais de ne pas avoir fait ce test si on découvre un problème à l’Héritier ou si je suis obligée de pousser comme une forcenée pour sortir un bébé sumo (quoique le savoir n’y aurait surement rien changé). Je ne pourrais m’en prendre qu’à moi. En attendant je suis au clair avec ma décision… et je fais faire des économies à la Sécu !

Biblio (parce que je ne balance pas des trucs comme ça sans source, j’ai fait des recherches, autant que t’en profite) :

http://pourquoilecielestbleu.cafe-sciences.org/articles/le-diabete-gestationnel-ou-en-est-on-de-la-prevention/

http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/PURPC_01.HTM

http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/diabete_gestationnel_synth.pdf – Rapport de la HAS

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S129795890700224X – Article scientifique « Conséquences obstétricales et néonatales du diabète gestationnel dans la population du sud de l’île de la Réunion »

27 réflexions sur “J’ai refusé le test HGPO

  1. Je t’avoue que je redoute de faire ce test pour mon deuxième bébé… 😦 Là je vais entrer dans mon 5ème mois de grossesse, donc je devrai sans doute y passer le mois prochain… Sauf que je n’en garde pas du tout un bon souvenir ! Pour mon premier, au final ça a été mais je me suis quand-même sentie mal pendant un long moment après avoir ingurgité le glucose… Les 2 heures dans la salle d’attente du labo au milieu des autres patients (alors qu’on ne se sent pas bien) m’ont semblé interminables… Je n’ai pas du tout envie d’y repasser (peur de faire un malaise), surtout que je ne présente aucun facteur de risque ! Mais je suis sûre que ma gynéco va m’obliger à le faire car Bébé 1 est sorti prématurément du coup je suis davantage surveillée pour cette nouvelle grossesse… Pfffiouu

    • En général l’heure de pointe dans les labos c’est jusqu’à 9h30, après ça il y a beaucoup moins d’analyses. Si ton labo a plusieurs salles de prélèvement, tu peux t’arranger avec eux pour rester dans une salle si tu te présentes à 10h un jour de semaine par exemple. J’ai dû faire ça car en MAP je devais rester allongée, et si mon mari ne m’avait pas embêtée parce qu’il s’ennuyait, je me serais endormie entre chaque prise de sang ^^

    • Pourtant la prématurité n’a rien à voir avec le diabète… En tout cas tu as le droit de refuser, il faut être au clair avec ton choix, que ça ne devienne pas un sujet d’inquiétude ou de doute par la suite. Essaye d’en discuter avec ton doc, il estimera peut-être que ce n’est pas nécessaire 😉

  2. Moi, je te comprend très bien !
    Pour ma première grossesse, j’ai eu la chance d’être suivi par une gynéco qui est contre le dépistage systématique : elle réalise une glycémie à jeun en début de grossesse et une autre à peu près vers 24 SA. Si les résultats sont sensiblement les mêmes, on en reste là et c’est très bien.
    Pour ma seconde grossesse, j’ai tout de suite demander à ma sage femme de procéder de même ;-). Pas envie de m’ingérer 75g de glucose pour leur beaux yeux !

    • Heureusement que certains suivent les prescriptions qui s’opposent à un dépistage systématique au lieu de suivre les habitudes sans bien fondé scientifique! Pas de raison de faire se test en effet!

  3. J’avais sorti le rapport de la HAS à la diabéto de l’hôpital… elle m’a répondu que « d’autres études avaient été faites depuis », mais sans me donner de référence… Bref j’ai déjà raconté la suite, je regrette d’avoir fait le test et de m’être laissée embarquer dans leur bazar :-/

  4. Un peu mitigée par rapport à ton article… disons que si je suis d’accord sur la conclusion (ne pas faire systématiquement le test à toutes les femmes si elles ne le souhaitent pas et qu’elles ne présentent pas de facteurs de risques), les arguments exposés me paraissent contestables. Pour ne prendre que 2 exemples : il me semble que les normes du HGPO sont désormais celles de l’OMS donc pas dépendantes du pays… et l’argument « il n’y a pas que les diabétiques qui font des gros bébés » c’est un peu comme dire qu’il n’y a pas que les fumeurs qui développent des cancers des poumons… en soi c’est vrai mais ça ne peut pas être un argument contre les campagnes de prévention anti-tabac. Du coup plutôt que de taper sur le système français et son « sacro-saint principe de précaution », je préfère le remercier de me laisser le choix de pouvoir passer ce test sans débourser 1€ quand dans d’autres pays des femmes n’ont aucun moyen de prévention. (Et sur les bandelettes pour la glycosurie, il faut quand même avoir un diabète déjà bien installé pour qu’elles révèlent un problème, alors qu’une prise de sang permet de détecter le problème plus tôt et donc de s’en tirer avec de simples mesures diétetiques plutôt que des injections d’insuline. Quand on n’aime pas les piqûres, c’est aussi à prendre en compte ^^)

    • Le soucis, au-delà du test, c’est qu’on n’est même pas sur des effets du diabète gestationnel, à part sur la macrosomie. Et que rien ne prouve non plus que les mesures diététiques ou l’insuline limite ce risque de macrosomie… Pour moi, ça revient à faire le test pour rien, ou alors juste à but informatif.
      Sur ce point tu as raison, pour les personnes qui désirent le faire à l’inverse (parce que ça les rassure ou que sais-je) doivent pouvoir en bénéficier. C’est qu’on l’impose sans fondement qui m’énerve et encore plus qu’on présente chaque examen à faire pendant la grossesse comme une obligation, alors que tous doivent rester un choix.

  5. Très intéressant ce billet !

    je me serai bien fait le luxe de refuser ce test aussi, mais j’ai des cas de diabète dans ma famille du côté paternel (père, tante et grand-mère… c’est suffisant ?!). Donc ce sera une étape par laquelle passer …

    Cela dit, rien qu’à imaginer toute la paperasse et tous les examens médicaux à faire, j’en suis fatiguée XD On ne peut pas aller vivre au fond des bois dans une yourte hein ?
    J’en plaisante mais le « tout naturel » a aussi ses limites. Même si je suis la première à penser que la grossesse est probablement sur-médicalisée…

    • Très probablement même! Les prises de sang tous les mois pour la toxo j’en pense à peu près la même chose…
      En effet avec un père (premier degré) diabétique, il y a peu de chance que tu y échappe. Mais tu peux essayer de négocier un test sans charge de sucre, avec simplement une PDS à jeun et une autre 1h après un repas normal, copieux mais normal. Ça me parait bien plus honnête comme type de test 😉

  6. Bonjour, pareil que pour Verbo, famille paternelle avec des diabétiques. Et bingo, diabète gestationnel avec régime et sous insuline mais 39 ans,fiv, des jumeaux etc… Le Test est franchement facile mais je trouve ton point de vue intéressant. J’ai également appris que certaines refusent le tri – test car elles accepteraient le bébé dans tous les cas. C’est toujours intéressant les points de vue différents. Moi, je suis actuellement très étonnée par les séjours éclairs à la maternité ( en Suède, en Angleterre etc…). C’est très intriguant 😉

    • Hé oui, il y a toujours des cas particuliers. Heureusement d’ailleurs, ça serait monotone sinon! Je peux comprendre qu’on refuse le tri-test aussi, et les amniosynthèses conseillé passé 40 ans. Après c’est un choix de vie, une question de point de vue.
      Les séjours éclairs à l’étranger ça m’interpelle aussi. J’attends de vivre mon propre accouchement et les jours qui suivront pour me faire une idée sur la question, mais je pense qu’en France en va finir par y venir (peut-être plus pour des raisons budgétaires que pour laisser de l’autonomie à la mère cependant…).

  7. Je ne l’ai pas fait pour la simple raison qu’enceinte j’ai mangé jour et nuit et qu’il m’a été purement et simplement impossible d’être à jeun à un quelconque moment de la journée.
    Personne ne m’a pris la tête avec ça.

  8. Salut !

    Merci pour cet article. J’avais déjà pas mal des éléments que tu évoques dans ton article. J’en rajoute deux : mon bébé était prévu « gros » (parce que je te l’avoue, moi j’ai du mal avec ce qui est appelé « macrosomie » par les médecins :/). J’ai fait le test après avoir balancé (pour toutes les raisons que tu évoques (mais j’ai un peu bien fait, j’y reviendrai 😉 ) :

    – Je me présente au labo. On me dit de faire un test urinaire. Autant, contrairement à des personnes qui en sont phobiques, tu peux me faire toutes les piqûres et prises de sang que tu veux sans que je bronche. Autant, moi c’est les tests urinaires que j’ai en horreur. Du coup je refuse. Réponse de la laborantine : « nan mais si vous avez vraiment un diabète gestationnel ça peut être dangereux pour le bébé ! » …. Gné Oo Apparemment y a que moi que ça ait choquée, cette phrase.

    – Et puis au final, tu sais quoi ? Mon bébé était « gros » (selon des estimations par échographie… sachez qu’il existe plus de vingt calculs différents pour estimer le poids de naissance d’ailleurs. Rassurant. Surtout quand on voit les « gros » bébés déclenchés qui pèsent un poids qui fait peur à la naissance – genre 2kg3. C’est arrivé à une amie :/ ), mais zéro diabète. Comme quoi, percentiles ou pas hein, comme tu le soulignes, grosseur et macrosomie n’ont pas forcément un lien.

    Par contre ça a eu une utilité. Je me suis inscrite dans une mat’ où j’ai refusé la mesure du bassin et la radiopelvimétrie (là aussi, sachez que ce sont des sciences tout sauf scientifiques, juste bonne à faire croire aux mamans à quel point elles sont inaptes à accoucher et qu’elle feraient mieux de s’en remettre à leur sauveur : un bassin trop petit, ça n’existe PAS. Sauf si vous êtes naines, que vous avez eu une fracture du bassin, ou que vous avez eu une tuberculose osseuse). Quand le gynéco a vu le poids prévu, il a sauté au plafond : mais il faut vous faire une césarienne. Je parie que vous avez du diabète gestationnel. Ce monsieur était très sûr de lui et me traitait comme une gamine. Le grand sourire qui s’est dessiné sur ma poire et la tête complètement désappointée qu’il a eue quand je lui ai dit que non, résultats à l’appui, c’était énorme. Et malgré le papier, il m’a encore posé 4 fois la question après ça XD

    Fin bref. Pour mon deuxième, sûr et certain, je refuse.

    • C’est sur que les résultats sont à double tranchant, si ça t’as permis de clouer le bec des médecins qui s’apprêtaient à te faire la morale tant mieux! Quant aux estimations… c’est quand même une vaste blague : on nous prévois l’Héritier avec un poids de naissance à 3.5kg, à + ou – 500 grammes près… ça change beaucoup de choses 500 grammes sur un bébé quand même!!

  9. Bonjour,
    J’aimerais pousser un peu plus la réflexion et savoir si, au-delà du fait que cet examen ne devrait concerner qu’un minimum de femmes, certaines d’entre vous qui ont dû le faire par obligation, ont vécu, qqs semaines après, un accouchement prématuré. Il semblerait, mais je manque de sources fiables, que cette concentration massive de sucres ds l’organisme de la femme enceinte, pourrait provoquer une éclampsie et donc déclencher un phénomène de « sauve qui peut » chez le bébé s’il ne veut pas mourir! Pour ma part, j’en suis à deux cas recensés avec, à chaque fois, un sauvetage in-extrémis de l’enfant (gde prématurité, pbs respiratoires, oedeme…) et, pour l’un des deux, la mère a failli mourir également. Si vous possédez des infos, je suis preneuse… Merci.

  10. Un grand merci pour cet article. Ma gynéco ne m’a pas prescrit l’HGPO mais uniquement des glycémies à jeun, qui chaque fois se sont révélées bonnes (1ère fois j’avais 0,74 pour une norme comprise entre 0,74 et 1,10, puis 0,78 et à la dernière 0,71 !!! En dessous de la norme !!!). Aujourd’hui rdv avec la sage-femme qui me fait une analyse d’urine sauf que je n’étais pas au courant et étais passée aux toilettes juste avant, donc là quantité infime de pipi dans le pot… elle me dit qu’il n’y a rien aux analyses urinaires puis « il y a un peu de sucre dans les urines ; vous avez mangé sucré à midi ? ». Je lui confirme et -bim- elle me prescrit HGPO ! Je suis plus qu’étonnée, surtout que je ne présente AUCUN des facteurs de risque (et je me dis que si j’avais pu fournir un « vrai » pipi ç’aurait été tellement dilué qu’il n’y aurait rien eu =_= ). Petite parenthèse, je suis HYPER PHOBIQUE des prises de sang (et non des piqûres) et même si ça me fait mal au cœur pour toi car c’est franchement dur, ç’a un côté réconfortant de voir qu’on n’est pas seul à avoir cette peur qui pourrit la vie… Bref, lors de ma 1ère PDS glycémie à jeun j’étais avec une amie qui, elle, avait l’HGPO. Je pensais devoir la faire aussi, et la laborantine qui sait que je suis phobique m’a dit que ce test était inutile et que si on voulait diagnostiquer un éventuel diabète gestationnel c’était tout aussi efficace (voire plus) de faire une PDS à jeun et une 2h après un bon repas (elle m’a dit « si votre médecin est sympa demandez-lui de vous prescrire ça, vous ferez une PDS en moins et vous n’aurez pas à passer la matinée au labo ») ; mon père, 40 ans d’analyses biochimiques derrière lui, m’a confirmé ses dires… Je rapporte les propos à la sage-femme en tablant sur sa sympathie mais elle me dit que le repas ce n’est pas aussi fiable et maintient la prescription… Surtout qu’elle me dit que j’ai pris trop de poids (13kg à 6 mois 1/2, c’est clair je trouve aussi que j’ai énormément pris mais apparemment c’est tout dans les seins et le ventre car je rentre toujours dans du 36). En plus, d’après le compte-rendu de l’écho morpho, la sage-femme trouve le bébé petit ! Ça contredit les risques de macrosomie ça, non ? En plus je suis déjà en semaine 29, ce n’est pas tard ?! Et j’ai encore le bleu de ma PDS précédente faite il y a 4 jours, là il faudrait que j’y retourne à moins d’une semaine d’intervalle ! Et 3 d’un coup ! Maintenant, au vu des renseignements pris, de mes non facteurs de risque, de mes non antécédents je pense ne pas faire l’HGPO. Mais j’avoue que mon côté très disciplinée et bon petit soldat me fait craindre le tapage sur les doigts…

    Désolée pour le roman, je ne posais pas écrire autant mais ça fait du bien ! Et ça m’intéresse ton histoire d’hypnose pour vaincre cette phobie car c’est une question que je m’étais déjà posée…

  11. Bonjour,
    Très intéressants vos articles et commentaires, je vous en remercie. Une femme avertie en vaut deux et pour ma part je préfère appliquer le principe de précaution ! J’en suis actuellement à 5 mois 1/2 de grossesse et j’aurai 35 ans en décembre prochain, mais aucun surpoids ni aucun signe d’appel d’hyperglycémie. Résultat : ma gynéco m’a quand même prescrit ce fameux test (par acquis de conscience ?) et quand j’ai vu la quantité de glucose à ingérer d’une traite (75 GRAMMES), j’ai failli m’étrangler !! Déjà que je supporte maximum 3 sucres dans mon chocolat au lait (soit 15 grammes, mesures faites à l’appui), alors ils peuvent toujours rêver…..
    Hors de question de faire ce test (j’ai déjà rayé la prescription dur l’ordonnance de ma gynéco) ; sachant que ma gynéco ne fait qu’obéir aveuglément aux recommandations officielles, hé bien qu’ils aillent trouver d’autres cobayes s’ils veulent remplir leur tableaux statistiques sur la proportion de femmes susceptibles de faire un diabète de type 2 dans les 20 ans qui suivent leur grossesse.

    Entièrement d’accord avec Waitylily (dont l’humour caustique m’a bien amusée d’ailleurs). Dans le meilleur des cas, le test est inutile puisque des mesures de la glycémie à jeun (ou non d’ailleurs) et répétées sont tout aussi fiables et performantes ; dans le pire des cas (terrain favorable, prédisposition génétique, malchance, que sais-je ……..) 75 g de glucose sont à même de vous déclencher une hyperglycémie (pas forcément transitoire) voire une prééclampsie… Ah les nutritionistes, diabétologues et gérant de boutiques « Diet plus » et autres ont de beaux jours devant eux….. !!!!
    Pour finir, je rejoins Mamilou : si quelqu’un connait dans son entourage une femme ayant passé un test de ce type qui se serait soldé quelques jours ou semaines plus tard par un accouchement prématuré, ce serait utile de le faire savoir.
    Bonne grossesse à toutes

  12. Article intéressant. J’ajouterai qu’un régime Sans sucre est bénéfique en prévention et ceci pour toutes les grossesses avec ou sans facteurs de risque Et que l’on est choisit de faire l’HGPO ou non!

  13. On m’a tellement dit que ce test était écoeurant que je me suis attendue au pire avec toute cette boisson ultra sucrée à avaler d’une traite, mais en fait je suis tellement une « bouche sucrée » que cela ne m’a fait quasi ni chaud ni froid. Juste à peu près la même sensation que d’avaler 2 cuillerées à soupe de pâte à tartiner, le goût de la noisette et le gras en moins. C’est vraiment une histoire de goût en fait. Personnellement j’ai fait tous les tests en laboratoire (toxo et diabète) pour mes 2 grossesses, parce que bien qu’il s’agisse de mon corps, l’avis de mon mari comptait aussi et ça le rassurait que je fasse ces tests, mais j’ai bien aiguisé ma critique à ce sujet et j’ai bien vu que la salle d’attente du labo était remplie de femmes enceintes en majorité. Heureusement qu’elles sont là pour faire tourner l’usine ! C’est tout un marché ! (Le même que pour les vaccins en fait, non ?) Parce que pour le diabète gestationnel je n’avais pas poussé les investigations aussi bien que toi (je ne connais rien en diabète et je ne me sentais pas du tout concernée) mais, en grande amoureuse des chats depuis tojours, pour la toxoplasmose j’ai mené ma petite enquête : si en début de grossesse, la première prise de sang ne détecte pas d’immunisation, on est bonne pour une prise de sang tous les mois, et l’éviction du chat, du lapin, de la viande pas assez cuite, des légumes crus pas trop lavés etc. J’ai demandé directement au véto de mon chat comment on faisait pour attraper la toxo, il m’a répondu que les chats avaient rarement ce germe, mais qu’en plus si notre chat l’avait et que l’on s’occupait de sa litière, il faudrait quasi manger ses crottes pour être infecté, bref en gros, il faut quasi le faire exprès. OK c’est hyper grave pour le foetus si la mère l’attrape, mais le principe de précaution s’est élargi à un point… Ayant joué petite dans des bacs à sables contenant des crottes de chats, n’ayant pas toujours lavé mes mains étant petite avant de passer à table ou prendre mon goûter, ayant eu plusieurs chats au cours de ma vie, ayant été léchée, griffée, ayant embrassé des coussinets, si j’avais dû attraper la toxo je pense que je l’aurais déjà eue, donc avec toutes les précautions alimentaires, hygiéniques et félines, ça n’aurait vraiment pas été de bol si je l’avais attrapée pendant une de mes 2 grossesses. Mais, bon, j’ai bien fait toutes mes prises de sang, mais comme ma soeur travaille dans une usine de seringues et que j’ai 2 copines laborantines, je me dis que je leur ai donné du boulot… Et zom a été rassuré mois après mois.

  14. Merci pour ce texte qui apporte de l’eau à mon moulin. (Et des sources scientifiques à opposer éventuellement ! Je vais également regarder ce qu’en dit prescrire.) Je n’ai pas de facteurs de risque sauf… Mon âge, 35 ans depuis quelques mois. Je ne mange pas sucré le matin depuis tjs, par goût, parce que ça passe mal, et parce que j’essaie de manger chronobioloque ( pas d’aliments sucrés hormis au goûter. Bon en vrai je mange parfois yaourt + un peu de chocolat le midi)
    Je n’ai pas pu couper à la glycémie à jeûn (admettons), en revanche je ne souhaite vraiment pas faire ce test. On me l’a imposé pour mon aîné alors que 0 Fr de risque, plutôt mince, etc… Les plantes de mon biologiste s’en souviennent encore, ça m’a occasionné des brûlures et régurgitations. Du coup je n’ai vraiment, vraiment pas envie de le refaire.
    Et puis je vois plein de patientes au boulot avec une glycémie à jeûn juste limite, qui se tapent 6 dextros par jour toute la grossesse… Normales sans qu’on leur dise d’arrêter.
    Je suis une ancienne anorexique et cette pression sur la glycémie / nourriture m’effraie je dois dire !
    Une autre chose qui m’interpelle, entre 2009 (ma première grossesse) et maintenant, la norme pour la glycémie à jeûn est passé de 1.02 g/L à 0.92g/L. Soit 10%. Hors grossesse la norme est

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s